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TEMOIGNAGE DE CLAUDE BLOCH - 23 MARS 2018
Article mis en ligne le 26 mars 2018

par A. Zaragori

Nous avons eu l’honneur ce vendredi 23 mars d’accueillir Claude Bloch qui est un ancien déporté juif de la Seconde Guerre mondiale.
Il nous a témoigné de son histoire et a répondu à nos questions.

Claude Bloch était donc âgé de 15 ans, il était étudiant en comptabilité au lycée de la Martinière. Le 29 Juin 1944, il se fait arrêter avec sa mère et son grand-père et interroger par Paul Touvier qui était le patron de la milice française à Lyon. Son grand-père mourut sous la torture et le soir même la mère et le fils sont envoyés à la prison Montluc, Claude Bloch à la baraque aux Juifs et sa mère dans une cellule. Ils sont transférés au camp de Drancy le 20 juillet.

Ils sont déportés au camp d’Auschwitz. Les conditions de transport étaient déplorables, ils étaient en moyenne entre 80 et 100 par wagons à bestiaux prévus seulement pour 40 personnes. Ils sont arrivés le 3 août 1944 par le convoi n°77 (dernier convoi parti pour Auschwitz de la gare de Bobigny) à Birkenau.

Il s’est déroulé par la suite une sélection ou Claude Bloch est miraculeusement mis du côté des hommes en bonne condition grâce à sa mère qui l’avait poussé dans cette file. Sa mère elle, était du côté des femmes et des enfants, son fils ne l’a plus jamais revue depuis ce moment. Arrivé à destination, on lui tatoua son numéro de matricule – B3692 – qui était pour lui une sorte de déshumanisation car à présent on ne les appelait plus par leur prénom mais par leur matricule. Toutes ses journées étaient fatigantes et répétitives, à 4h ils devaient tous se lever pour ensuite travailler et avaient une courte pause à 12h pour manger une soupe faite d’eau non potable et ils devaient encore aller travailler dans des conditions insalubres sous la surveillance des kapos (détenus de droit commun) violents qui les battaient pour des raisons ridicules ou même tout simplement sans raison. Des sélections étaient organisées pour les douches qui étaient en réalité des chambres à gaz où, comme leur nom l’indique, se trouvaient des douches d’où sortaient des gaz asphyxiants qui les tuaient.

M. Bloch est transféré au camp du Stutthof au début Janvier 1945 dans des wagons découverts, dans un froid glacial. A ce moment-là, il ne le savait pas mais Auschwitz était en train d’évacuer sous la pression de l’URSS qui gagnait du terrain. Au début mai 1945 le camp de Stutthof évacue à son tour et tous leurs internés sont emmenés dans des péniches et ensuite dans des cargos jusqu’à que les SS (unité d’élite de l’armée nazie) les abandonnent et que la Croix-Rouge suédoise vienne les sauver le 10 Mai 1945. Il est envoyé en Suède pour se rétablir et y restera 2 mois avant de rentrer à le 14 Juillet 1945 à Cherbourg en France.

Après cette partie de sa vie indescriptible, il décida de reprendre ses études. Dès le début, sa réadaptation n’a pas été facile car il a eu des difficultés à se réinscrire car la société préférait ignorer les horreurs commises envers les juifs. Il devint ensuite comptable, fonda une grande famille heureuse et épanouie et, presque 40 ans après, il prit la décision de repartir où ces tragiques évènements se sont produits pour rendre hommage à sa mère et de témoigner pour que son histoire puisse être entendue par les générations futures.

Nous souhaitons remercier Claude Bloch pour avoir pris le temps de venir nous témoigner de son histoire, qui nous a permis de prendre vraiment conscience des atrocités commise et du courage de tous ces déportés.

Pour les élèves participants : Ferouz Khaldoun